Automobile : le PPE renonce à sauver le moteur thermique et condamne notre industrie !
Après avoir défendu, à travers le rapport Salini, le principe de neutralité technologique permettant aux motorisations thermiques, hybrides et électriques de coexister, le Parti populaire européen (PPE) a finalement choisi de s'allier aux socialistes et aux libéraux de Pascal Canfin. Lors du vote du mercredi 4 novembre en commission de l'environnement (ENVI) du Parlement européen, cette alliance a fait adopter un compromis sur les normes d'émissions de CO₂ des voitures neuves après 2035, maintenant une trajectoire qui réduit considérablement la place des motorisations thermiques et hybrides au profit du tout-électrique.
Ceux qui présentent ce texte comme la fin de l'interdiction du thermique en 2035 entretiennent une illusion. Derrière l'assouplissement annoncé à 87,5 % se cache un objectif de réduction des émissions de 95 %, qui ne pourra être abaissé qu'en contrepartie de l'utilisation d'acier européen bas carbone, plus coûteux. Ce mécanisme pourrait avantager les constructeurs haut de gamme, notamment allemands, davantage capables d'en absorber le surcoût, au détriment des constructeurs généralistes et des véhicules les plus accessibles.
Le Rassemblement National et les Patriotes pour l'Europe n'entendent évidemment pas remettre en cause les centaines de milliards d'euros investis par les constructeurs dans l'électrification. Mais cette transition ne saurait justifier l'exclusion des autres technologies. La révision de cette réglementation doit permettre de concilier la préservation des emplois, la souveraineté industrielle et la liberté de choix des automobilistes, sans sacrifier notre industrie sur l'autel du tout-électrique.
Les députés du PPE auront une nouvelle occasion de revenir sur ce vote lourd de conséquences lors de la session plénière de décembre. Ce rendez-vous sera décisif pour l'avenir de l'automobile européenne, première filière industrielle du continent. La délégation française des Patriotes pour l'Europe continuera de défendre notre industrie automobile face au dogmatisme bruxellois et à une écologie punitive qui menace nos emplois et notre souveraineté industrielle.