De Paris à Bruxelles, une même stratégie contre l’entrisme islamiste

L’islamisme n’est pas une religion. C’est une idéologie et un projet politique qui avancent chaque fois que nous reculons. La façon dont il procède est connue. Il s’infiltre dans le tissu associatif, investit le débat public, s’abrite derrière la lutte contre les discriminations, exerce des pressions sur l’école et tente aujourd’hui de nous influencer, nous qui faisons la loi. À chaque fois, la même mécanique est à l’œuvre et ceux qui la dénoncent sont accusés d’« islamophobie » et sommés de se taire, parfois au péril de leur vie.

Pendant que certains détournent le regard, les réseaux islamistes s’organisent, se financent et cherchent des relais. Ils entrent dans nos institutions et apprennent à en maîtriser les règles. Bruxelles n’échappe pas à cette stratégie. Au Parlement européen, des organisations bénéficient de fonds européens et accèdent à nos institutions tout en suscitant des interrogations sur les réseaux auxquels elles appartiennent. L’European Network Against Racism a bénéficié de 23 millions d’euros de financements européens entre 2007 et 2020. Plusieurs organisations de son réseau ont pourtant été mises en cause pour leurs liens avec la mouvance des Frères musulmans.

Le FEMYSO doit lui aussi retenir notre attention. Le rapport français consacré aux Frères musulmans et à l’islamisme politique le situe dans l’écosystème européen de cette mouvance. Cela ne l’a pas empêché d’accéder aux institutions européennes et de participer à l’European Youth Event, organisé par le Parlement européen et ouvert dès 16 ans.

À un âge où se forgent les convictions et alors que les réseaux sociaux démultiplient les stratégies d’influence, nos institutions ne peuvent pas laisser entrer des organisations qui suscitent de telles interrogations, encore moins lorsqu’elles peuvent s’adresser à des mineurs. Nous avons engagé au Parlement européen une procédure concernant l’ENAR et sa présence au registre de transparence. Nous demanderons des comptes sur les financements versés et utiliserons le vote du budget européen et le contrôle de son exécution pour identifier les bénéficiaires de l’argent public. Chaque fois qu’un financement, une accréditation ou un accès injustifié pourra être contesté, nous le ferons. Les Français n’ont pas à financer ceux qui veulent imposer à leurs enfants un modèle de société dont ils ne veulent pas.

Mais ce que nous faisons à Bruxelles n’a de sens que si le même combat est mené partout où l’islamisme cherche à avancer. C’est précisément la ligne que nous défendons. À l’Assemblée nationale, nos députés agissent contre l’influence des Frères musulmans. Dans les collectivités, nos élus doivent aussi pouvoir agir lorsque l’argent public, l’urbanisme ou les subventions bénéficient à des réseaux qui cherchent à imposer leurs normes. Il faut une véritable stratégie contre l’entrisme islamiste. C’est dans cette logique que s’inscrit la proposition de loi visant à combattre les idéologies islamistes, présentée par Marine Le Pen en février 2021 et que nous continuons de défendre aujourd’hui. Elle vise notamment à interdire la manifestation et la diffusion de ces idéologies, à empêcher leur financement, à lutter contre leur prosélytisme dans les services publics, à permettre l’expulsion d’étrangers qui les propagent ou encore à agir contre les organisations et lieux de culte qui les diffusent. Marine Le Pen souhaite la soumettre aux Français par référendum afin que la société tout entière puisse se prononcer sur les règles qu’elle entend opposer à la manifestation de ces idéologies. La question du voile, évoquée dans ce texte, en constitue l’une des manifestations les plus visibles, mais elle ne saurait résumer à elle seule le problème. C’est précisément l’intérêt d’une approche globale. Il faut aussi répondre aux financements étrangers, aux mosquées radicales, aux prédicateurs islamistes, aux réseaux fréristes et aux pressions communautaires qui cherchent à faire reculer nos règles communes. La maîtrise de l’immigration constitue l’autre versant de ce combat. Lorsqu’un prédicateur étranger prêche la haine, défie nos lois ou représente une menace pour notre sécurité, il doit être expulsé immédiatement. C’est aussi le sens du travail que nous menons au Parlement européen pour rendre les expulsions réellement applicables.

Pendant trop longtemps, nous avons traité séparément les financements, l’influence associative, les pressions communautaires, les prédicateurs radicaux et l’entrisme dans nos institutions, alors que tous participent d’une même stratégie. À force de disperser notre réponse, nous avons perdu un temps précieux.

Nous devons désormais mener ce combat dans son ensemble et partout où nous pouvons agir. Il ne peut pas y avoir de fermeté à Paris et de complaisance à Bruxelles. Il ne peut pas y avoir de « en même temps » avec l’islamisme.

Tribune