Erasmus : où va l’argent ?

Lors des élections européennes en 2024, notre mouvement s’est proposé de voter tous les projets de « bon sens » et les coopérations techniques salutaires. Erasmus+ en faisait partie.

Toutefois, s’agissant de la période 2028-2034, Erasmus+ est remanié dans un sens qui ne nous convient pas : dérive manifeste des dépenses, volonté de faciliter l’immigration, non-respect des compétences des États membres, dérives idéologiques, abus de concepts juridiques flous, susceptibles de justifier des décisions arbitraires, etc…

La dérive des dépenses est de loin la plus inquiétante. Le budget Erasmus+ 2014-2020 s'élevait à 14,7 milliards d'euros, celui de 2021-2027 à 26 milliards d’euros. Pour 2028-2034, la Commission propose 40,8 milliards d’euros et le Parlement européen veut élever la note à 47,4 milliards d’euros. Au final, un budget multiplié par 3,2 alors que le nombre d’étudiants n’aura augmenté que de 11 % depuis 2014.

Cette dérive budgétaire transparait à travers des notions floues tels que l’apprentissage informel ou non formel, les références aux « organisations de jeunesse », à la « société civile », mais aussi à travers des facilités accordées aux structures qui ont perçu plus de 50 % de leurs recettes annuelles de sources publiques au cours des deux dernières années…

Certains projets financés par Erasmus+ tels que l’envoi de jeunes résidant dans un quartier défavorisé au Maroc, la résolution des conflits liés à une mauvaise communication émotionnelle, la lutte contre le racisme via le cirque ou la cuisine ou encore la lutte contre les « fake news » s’éloignent des objectifs premiers et légitimes du dispositif.

Soucieux de réduire la contribution nette de la France au budget de l’Union, nous ne pouvons soutenir l’explosion des dépenses des programmes européens, même les plus populaires. Nous laissons cela aux démagogues.

Nous nous opposons également à la conditionnalité des fonds qui permet à la Commission européenne de s’attribuer un pouvoir disproportionné sur Erasmus+, comme l’a montrée la situation hongroise jusqu’à l’élection d’un candidat adoubé par l’Eurocratie.

Nous notons enfin que le nouvel Erasmus+ prétend « remédier aux difficultés d’obtention de visas ou de titres de séjour » et intégrer les migrants dans les « personnes ayant moins d’opportunité », contrairement aux attentes de nos concitoyens.

Avec cette explosion des dépenses, cette volonté d’en faire un instrument idéologique et migratoire et d’étendre les compétences de l’Union au détriment des États membres, Erasmus+ n’évolue pas dans le bon sens, celui des étudiants français et européens.

Nous appelons de nos vœux un retour à une gestion assainie d’Erasmus+, fidèle à sa vocation originelle : favoriser la mobilité des étudiants et promouvoir l’excellence universitaire…

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