Face au naufrage des Outre-mer, l’autosatisfaction hors-sol de la ministre Naïma Moutchou

Dans un message publié sur le réseau social X, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, s'est félicitée de son action à Bruxelles, vantant une Europe « attentive aux réalités du terrain ». Cette autosatisfaction résonne comme une insulte pour les millions de nos concitoyens ultramarins qui subissent quotidiennement les effets de l’abandon de l'État.

Alors que la ministre se gargarise de discussions techniques, la réalité du terrain, que Naïma Moutchou survole sans la voir, est une crise sociale, économique et sécuritaire d’une ampleur jamais vue : • Submersion migratoire à Mayotte et en Guyane, générant violences, insécurité et une tension ingérable sur l’éducation, la santé et le logement ; • Économie de la drogue qui se développe à grande vitesse et commence à gangréner la vie publique de trop nombreux territoires ; • Coût de la vie qui étouffe les ménages et fait de l'accès aux produits de première nécessité un véritable luxe pour des dizaines de milliers de familles ; • Déficiences majeures ou inexistence des infrastructures basiques, qu'il s'agisse des routes en Guyane ou de l’accès à l’eau courante en Guadeloupe et à Mayotte ; • Jeunesse sans perspective, condamnée à alimenter le dépeuplement massif et douloureux de nos territoires ; • Enfin, cerise sur ce bilan en forme de faillite, ce qui reste de majorité composite et désarticulée à l’Assemblée nationale a réussi à surmonter ses incohérences pour bloquer le droit des ultramarins à exploiter les richesses naturelles de leurs territoires, à commencer par les hydrocarbures qui pourraient, à l’évidence, changer du tout au tout le cours des choses.

Alors que l’État faillit à ses missions régaliennes les plus élémentaires, le tweet de la ministre révèle, en creux, une vérité bien cruelle : il aura fallu dix ans pour que le macronisme admette l'évidence. Oui, les Outre-mer ont des spécificités géographiques, climatiques et agronomiques, qui exigent une adaptation des normes, notamment dans les secteurs vitaux de l'agriculture et de la pêche. Même en cela la ministre s'attribue ici les mérites d'avancées qui ne sont pas les siennes. Les seules évolutions concrètes vers une adaptation des normes européennes n'ont pas été obtenues par la diplomatie passive de Paris, mais grâce à l'impulsion du Vice-président de la Commission européenne, l’Italien Raffaele Fitto, nommé par Giorgia Meloni. Une impulsion systématiquement relayée et entretenue depuis le Parlement européen par le groupe des Patriotes pour l’Europe et le Rassemblement National.

Voir le gouvernement Lecornu feindre d'être à l'initiative de cette prise de conscience relève de la pure mystification politique. En Outre-mer, il n’est plus de temps pour la communication !

Communiqué de presse
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