Mercosur : le Parlement européen complice - la “clause de sauvegarde” ne protègera pas nos agriculteurs
Ce 10 février, une majorité du Parlement européen a approuvé le rapport sur la clause de sauvegarde de l’accord UE-Mercosur. La délégation du Rassemblement National du groupe Patriotes pour l'Europe s’y est opposée : ce texte met en scène une protection, mais ne protège rien face aux dangers bien réels de l’ouverture commerciale pour nos filières agricoles.
Le Parlement avait déjà validé ce rapport en décembre ; cette nouvelle version est le produit des négociations interinstitutionnelles. Les ajustements sont essentiellement techniques en prétextant un suivi renforcé, des procédures précisées et un seuil d’enquête abaissé de 8% à 5%. Mais tout demeure tardif, complexe et surtout dépendant du bon vouloir de la Commission. Compte tenu des délais de réaction, si la clause est activée, le mal sera déjà fait avec des dégâts sur les prix, les volumes et le revenu des paysans.
Nous refusons ce faux-semblant : la clause ne corrige ni l’asymétrie des normes (sanitaire, environnementale, bien-être animal), ni les effets structurels de l’accord sur nos filières sensibles (viande bovine, volaille, sucre, éthanol, etc.). En outre, la clause de sauvegarde n’est pas reconnue par les pays du Mercosur. Pendant que Bruxelles promet des rustines, nos agriculteurs paient la facture. Nous disons clairement non au Mercosur et oui à notre souveraineté alimentaire.