Sous prétexte d’ingérences étrangères, Matignon et Bruxelles préparent-ils une nouvelle arme de censure ?
Dans un courrier du 12 juin adressé aux chefs de parti et présidents de groupes parlementaires, le Premier ministre Sébastien Lecornu évoque plusieurs pistes contre les ingérences étrangères : extension du référé électoral, aggravation des sanctions contre la prétendue désinformation, nouvelles compétences pour la commission de contrôle de la présidentielle et révision du Digital Services Act.
Le gouvernement cherche-t-il, sous le prétexte commode de protection de nos élections, à museler les opposants, contrôler le débat public et priver les Français de leur liberté d’expression, ceci avec la complicité de Bruxelles ?
Si la lutte contre les ingérences étrangères est nécessaire, l’instauration d’une police politique de l’information est inacceptable.
Au premier semestre 2025, plus de 9 milliards de décisions de modération ont été déclarées dans le cadre du DSA. Dans 99 % des cas, ces décisions reposaient sur les propres règles internes des plateformes, et non sur le retrait de contenus illégaux. Ce chiffre montre que le DSA ne sert pas seulement à lutter contre l’illégalité : il favorise aussi une censure privée de contenus parfaitement licites, mais politiquement dérangeants.
Derrière le discours rassurant de la « lutte contre la désinformation », c’est donc une machine à censure qui a été mise en place par Bruxelles et que S. Lecornu souhaite durcir davantage en vue de l'élection présidentielle.
Notre ligne est claire : combattre les manipulations étrangères, les financements opaques et les réseaux anonymes, oui ; permettre au pouvoir en place et à Bruxelles de décider ce qui peut être dit, partagé ou contesté, non ! La démocratie française ne doit pas être confisquée par un ministère de la Vérité numérique.